SANTE : BRILLANTE SOUTENANCE DE THÈSE DE DOCTORAT D’ETAT EN MÉDECINE PAR LE DR KOFFI AFFOUE BRIGITTE

SANTE : BRILLANTE SOUTENANCE DE THÈSE DE DOCTORAT D’ETAT EN MÉDECINE PAR LE DR KOFFI AFFOUE BRIGITTE
  • Date: 11 01, 2013
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 La thèse de doctorat d'Etat en médecine de Mademoiselle KOFFI AFFOUE BRIGITTE. Soutenance publique le jeudi 20 Décembre 2012 dernier à l’amphithéâtre n° 5 N’DRI YOMAN de l’Université COCODY (Côte d’Ivoire).
La Thèse a obtenu la mention très honorable du Jury, et partage avec les autres Universités du monde. La thèse du Dr KOFFI AFFOUE BRIGITTE postule en outre pour le prix de la meilleure thèse.

SUJET DE LA THÈSE:
Prévalence du PALUDISME chez des patients infectés du VIH dans le District Sanitaire de San-Pedro en 2010

 Dr KOFFI Brigitte, dites-nous les motivations du choix du thème de votre thèse?
Dr Brigitte KOFFI : Justification de l’étude.

L’idée de réaliser la présente étude repose sur le rationnel suivant :
•Le profil épidémiologique du paludisme et de l’infection à VIH fait admettre que leur co-morbidité constitue un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne.
•La problématique de la co-morbidité sida/paludisme prend de l’ampleur dans tous les pays africains où les deux maladies sont fortement présentes. Dans ces pays, 20 à 60% des PVVIH sont régulièrement infectées par Plasmodium falciparum. Parmi les patients fortement immunodéprimés traités pour paludisme grave, la létalité peut dépasser 20% (9, 25). En Côte d’Ivoire, des études ont certes évoqué cette co-infection sida/paludisme mais de façon parcellaire voire indirecte le plus souvent dans des essais cliniques évaluant l’effet protecteur du cotrimoxazole (26). En outre, ces quelques études se sont déroulées dans les grands hôpitaux qui ne sont pas toujours accessibles à la majorité des patients. A notre connaissance, aucune étude spécifiquement consacrée à la prévalence du paludisme chez les PVVIH n’a été réalisée dans les districts sanitaires éloignés d’Abidjan.
•Une étude réalisée en juin 2004 par le Programme National de Lutte contre le Paludisme à l’Unité de Soins Ambulatoires et de Conseils du CHU de Treichville a révélé que 19% des fièvres survenant chez les PVVIH étaient d’origine palustre alors que des chiffres de 20 à 45% étaient annoncés dans d’autres structures (9). Pour réduire ces écarts et rester proche de la réalité, il est nécessaire d’envisager l’harmonisation à grande échelle des méthodes diagnostiques en insistant sur la nécessité de l’examen parasitologique particulièrement dans les régions à forte prévalence. Ce n’est qu’à l’aide de données suffisantes et fiables qu’on peut élaborer une politique appropriée intégrant la prévention, les soins et les activités de soutien aux patients atteints de sida et de paludisme.
Pour toutes ces raisons, la présente étude a été réalisée pour fournir des informations sur la co-infection sida/paludisme dans un district sanitaire où le diagnostic du paludisme demeure encore énigmatique, reposant tantôt sur la fièvre uniquement, tantôt sur la fièvre et la mise en évidence du Plasmodium dans le sang périphérique. Au plan scientifique, nos résultats peuvent apporter un complément d’informations permettant aux personnels de santé d’améliorer leurs connaissances sur cette co-infection encore peu connue dans notre contexte.

Le 20 Décembre 2012 pour une soutenance dont les recherches ont débuté en 2010, n'avez-vous pas mis trop de temps pour rendre le travail ?

Dr Brigitte KOFFI : Absolument. Beaucoup de paramètres ont joué sur l’élaboration du travail. En l’occurrence la crise postélectorale, la fermeture de toutes les Universités en Côte d’Ivoire. Alors, il fallait surtout s’armer de courage car ici en Côte d’Ivoire, pour faire un doctorat en médecine, il faut 9 années d’études, et il n’y a pas de diplôme intermédiaire comme dans les autres facultés, donc il était important de multiplier les efforts et le courage pour soutenir juste après l’ouverture des universités, avec ce que cela comporte comme tracasseries. Les modalités instables d’inscription et de réinscription devant être surmontées avant d’être prise en compte. Et avec la grâce de Dieu, j’y suis parvenue et me voilà Docteur en médecine.

 Quel est l’apport de cette thèse dans le monde de la santé en Côte d’Ivoire, en d’autres termes, quel est le message véhiculé dans la société ?

Dr Brigitte KOFFI : Notre étude a montré que la co-infection sida/paludisme existe en Côte d'Ivoire à l'instar des autres pays de l’Afrique subsaharienne.
Elle a montré les limites du test de diagnostic rapide du paludisme que nous avons utilisé à savoir le PARACHECK PF. En effet, la négativité de ce test est fiable contrairement à sa positivité, et donc il faut toujours lui associer la goutte épaisse qui est l'examen de référence. Notre étude a aussi confirmé que le cotrimoxazole (ou bactrim) a un effet protecteur contre le paludisme.

Nous retrouvons le paludisme constamment chez nous en Côte d’Ivoire et en général en Afrique. Ironie du sort, les médicaments ne sont ni fabriqués par nous, ni chez nous. Alors que prévoient les autorités en charge de la santé pour remédier à cela ?

Dr Brigitte KOFFI : En général, les chercheurs sont de chez nous et les recherches sont faites chez nous au profit des firmes occidentales qui disposent de gros moyens pour le fonctionnement des industries pharmaceutiques. Donc il est bien évident que les résultats et les décisions leur reviennent. En ce qui nous concerne, nous nous limitons le plus souvent à faire la sensibilisation de la population grâce à de petits moyens de lutte contre le paludisme pour la prévention avec l’utilisation de moustiquaires imprégnées, l’assainissement du milieu avec les désinfectants entre autre.
Nous nous sommes souvent levés pour revendiquer l’entièreté des moyens à nous donner pour avoir la responsabilité de notre politique de santé. Mais hélas contre toute attente, rien n’a changé jusqu’à ce jour, surtout que nos investisseurs nationaux n’ont pas d’égards pour les industries de santé.

N’est-ce pas une volonté politique de nos dirigeants de confier ce secteur aux multinationales ?

Dr Brigitte KOFFI : (Rire), pas vraiment car nous devons être responsables de nous-mêmes et les choses doivent bouger dans le sens du progrès. Donc il nous revient nous population concernée, d’avoir une volonté de prendre en charge tout ce qui nous concerne et ensuite amener les politiques à œuvrer dans le sens du peuple.

Ivoire business: Quels conseils donnez-vous aux futurs docteurs en médecine ?

Dr Brigitte KOFFI: Leur souhaiter beaucoup de courage car le parcours est tumultueux et pas facile. Maintenant avec le système LMB initié, les choses ne seront plus comme auparavant car des diplômes intermédiaires seront décernés aux étudiants au fur et à mesure qu’ils progressent. Mais à ce niveau, des risques existent car il favorise la fuite des cerveaux vers d’autres horizons pour exercer avec ce qu’ils ont acquis dans leur progression.

 Docteur, êtes-vous généraliste ou spécialiste ?

Dr Brigitte KOFFI: Généraliste évidemment car dans notre faculté, tous les médecins sortent comme généraliste et par la suite, on peut opter pour une spécialisation.
 Quelle spécialisation souhaiteriez-vous faire ?

Dr Brigitte KOFFI : Economie de la santé et infectiologie.

ALLO docteur : Nos félicitations Docteur, bonne carrière professionnelle, et merci pour votre disponibilité.